Contes de la Nuit (Hikayaat al Layl)

L’Or du temps, Tunis, 2003.

 

Le quatrième recueil de nouvelles, Contes de la Nuit, reflète le regard de l’auteur sur son siècle. La nouveauté dans ce recueil consiste en un clin d’œil au conte populaire, dans la mesure où  chaque nouvelle est précédée  par «la formule consacrée de conteurs traditionnels arabes». En fait ce sont des nouvelles introduites à la manière dont sont introduits les contes traditionnels.

Kamel Ben Ouanes en parle ainsi «L’univers de Nafila Dhahab est dysphorique et traversé par un souffle de crise : crise des valeurs, crise sentimentale, crise de l’histoire, car les nouvelles sont ici ponctuées de subtils clins d’œil aux maux qui affectent la société, le monde ou l’Histoire». L’auteur  joue sur les paradoxes : réalité /imaginaire ,quotidien/ fantastique. Dans  L’Homme du Quartier, l’auteur campe un homme sans ressources qui propose aux femmes d’un quartier de travailler pour manger. Petit à petit l’homme s’amplifie et atteint les nuages, finit par étouffer  les habitants en raflant tout , laissant les habitants dans la misère et la détresse. Dans l’histoire de  Said Fadhel, la malchance est source de toutes sortes de malheurs. Dans Le refus de Ghaet el Mouna, le personnage d’un roman reprend sa liberté pour faire sa vie comme elle l’entend, et quitte le roman.

«  Histoires de la Nuit utilisent le conte pour faire le procès de l’Histoire, depuis l’époque coloniale et ses visées d’acculturation jusqu’à notre ère actuelle où pullulent aussi bien les images de la résistance (les enfants de la pierre en Palestine) que les images de la cupidité et de la trahison. (K. Ben Ouanes, La Presse, Tunis,17 janvier 2005.)