Volutes de fumée (A'midah min Dukhaan)

Safa, Tunis, 1979

 Volutes de fumee

La recherche de soi et la relation avec les autres est un thème majeur dans ce recueil.  Dans  Volutes de fumée la petite amie n’arrive pas à vivre pleinement sa relation amoureuse parce qu’elle se cherche encore. Dans L’horloge, la tempête  cause  l’arrêt de l’horloge publique et en quelque sorte le temps tout en jouant un rôle de catalyseur, temporisant ainsi un éventuel éclat entre les deux amoureux.

L'incommunicabilité entre les êtres, l’exploitation des faibles par les forts, la révolte des jeunes vis à vis des traditions constituent les sujets favoris de l’auteur.

Ce  recueil  s’inscrit dans la veine symbolique de la littérature et  dans celle du néoréalisme  qui implique  la participation positive  du lecteur au travail de l’écrivain et ce afin de dévoiler le non dit de celui-ci. (Samir Ayadi, dans la présentation de Volutes de fumée)

Soleil et Ciment (Al-Shams wal-Ismant)

Safa, Tunis, 1983

 Soleil et ciment

Dans Soleil et Ciment, les textes de Nafla Dhahab éclairent à coup de métaphores  les contrastes qui caractérisent sa société, en accentuant les différences entre les  classes sociales et par conséquent les individus. Quelques textes rappellent les techniques de  l’écriture cinématographique :  Un  samedi  en ville ,  Soleil et Ciment  La photo à un dinar , Tempête dans le quartier et La ville coule, où l’auteur utilise les flashbacks  et suit ses personnages telle  une caméra, en accentuant  les contrastes de manière à les dénoncer. Dans d’autres nouvelles, elle dénonce la bureaucratie qui fait revenir un vieil homme retraité, trois fois de suite, pour se retrouver sans dossier : L’espoir se cogne aux portes. Dans La lettre n’est pas arrivée, l’auteur relate l’impossibilité pour une femme de trouver un travail décent.

Le Silence (Al Samt)

L’Or du temps, Tunis, 1993

 Nafla Dhahab

Le troisième recueil de Nafila Dhahab,  Le Silence, reflète le souci de l’auteur de travailler sur la forme , et par là même sur l’écriture. Le thème majeur que dégage ce recueil est  l’expression des voix silencieuses de personnages humbles et modestes –hommes et femmes- face à l’autoritarisme d’un père , à l’adversité, à l’amour déçu, au viol, à la peur , aux affres de la vie socio–politique . l’auteur y dénonce à coup de métaphores et d’ellipses les vicissitudes du vécu.

Dans Propos sur le Silence, un père condamne ses enfants à parler tout bas à la maison lorsqu’il rentre, parce qu’il travaille dans le bruit toute la journée. A la mort de celui-ci, le grand frère prend la place du père et continue à réprimander ses sœurs. Dans Rue du Caire , un ancien étudiant qui a eu affaire à la police se voit dans la peau de celui que la police a procédé à son arrestation et ce, dans un accès de dédoublement de la personnalité causé par la peur. Dans Salima et la cartouche, ce sont des pleurs et des gestes précis qui remplacent les paroles. Dans L’ombre du Drap, l'histoire tourne autour des hurlements que pousse la femme, et dans Nahj el Bacha ce sont les sanglots qui traversent la rue, le soir, qui tiennent lieu de paroles.

Cependant, ce sont La Mort de Jazia, Amour et Les Yeux de la chamelle qui reflètent le plus le travail sur la forme et l’écriture en particulier ; En effet l’auteur se réfère à des textes et des auteurs du patrimoine arabo-musulman.

I’tidal Othman évoque  cette  écriture en ces termes : « L’écriture dans Le Silence de Nafila Dhahab illustre un conflit entre les différents axes du registre symbolique courant d’une part ,et l’émergence d’une conscience qui veut  scruter son non-dit et la manière dont  il a été  réprimé par le politico-social, et ce, dans notre réalité arabe contemporaine, d’autre part. » (Revue Nour, Le Caire , Automne 1993).

Contes de la Nuit (Hikayaat al Layl)

L’Or du temps, Tunis, 2003.

 

Le quatrième recueil de nouvelles, Contes de la Nuit, reflète le regard de l’auteur sur son siècle. La nouveauté dans ce recueil consiste en un clin d’œil au conte populaire, dans la mesure où  chaque nouvelle est précédée  par «la formule consacrée de conteurs traditionnels arabes». En fait ce sont des nouvelles introduites à la manière dont sont introduits les contes traditionnels.

Kamel Ben Ouanes en parle ainsi «L’univers de Nafila Dhahab est dysphorique et traversé par un souffle de crise : crise des valeurs, crise sentimentale, crise de l’histoire, car les nouvelles sont ici ponctuées de subtils clins d’œil aux maux qui affectent la société, le monde ou l’Histoire». L’auteur  joue sur les paradoxes : réalité /imaginaire ,quotidien/ fantastique. Dans  L’Homme du Quartier, l’auteur campe un homme sans ressources qui propose aux femmes d’un quartier de travailler pour manger. Petit à petit l’homme s’amplifie et atteint les nuages, finit par étouffer  les habitants en raflant tout , laissant les habitants dans la misère et la détresse. Dans l’histoire de  Said Fadhel, la malchance est source de toutes sortes de malheurs. Dans Le refus de Ghaet el Mouna, le personnage d’un roman reprend sa liberté pour faire sa vie comme elle l’entend, et quitte le roman.

«  Histoires de la Nuit utilisent le conte pour faire le procès de l’Histoire, depuis l’époque coloniale et ses visées d’acculturation jusqu’à notre ère actuelle où pullulent aussi bien les images de la résistance (les enfants de la pierre en Palestine) que les images de la cupidité et de la trahison. (K. Ben Ouanes, La Presse, Tunis,17 janvier 2005.)